Réflexologie ventrale (Chi Nei tsang) : une solution naturelle à vos tensions
- ceciledurindel
- 30 sept. 2025
- 8 min de lecture
Le ventre, notre second cerveau
Des chercheurs ont permis de mettre en évidence la présence de neurones dans notre intestin, indirectement liés avec le microbiote intestinal. On compterait environ 500 millions de neurones dans notre intestin, constituant ainsi un système nerveux à part entière : le système nerveux entérique. Il s’agit du second système nerveux de l’organisme, d’où le nom de « deuxième cerveau ». Concrètement, ces neurones présents dans nos intestins échangent de manière continue avec les neurones du cerveau, via les voies sanguines, mais surtout par le nerf vague, pour transmettre de nombreuses informations.
Il s’établit donc une communication entre les « deux cerveaux », l’un et l’autre transmettant des informations. 90 % de l’activité observée sur le nerf vague (autrement appelé nerf pneumogastrique ou nerf parasympathique) irait dans le sens intestin-cerveau, et non dans le sens inverse. Les intestins, et notamment le microbiote intestinal, informent ainsi le cerveau de son activité pour réguler l’organisme.
L’intestin, notre cerveau émotionnel
Le système nerveux entérique entretient des relations étroites avec le système immunitaire et le microbiote qui peuple notre système digestif et il dialogue en permanence avec notre système nerveux central – autrement dit, avec notre « vrai » cerveau.
S’il semble logique que notre intestin informe le cerveau de notre activité digestive, il semble plus surprenant qu’il agisse sur nos émotions et notre activité cérébrale.
C’est pourtant le cas, comme le souligne une revue de la littérature scientifique menée à la University College Cork en Irlande en 2012, complétée par une étude française en 2014. Ces publications montrent que le microbiote intestinal envoie des signaux au cerveau, via le système nerveux entérique, qui peuvent jouer sur notre humeur, ou induire du stress.
De plus, il a été mis en évidence que 95 % de la sérotonine présente dans notre corps est émise par l’intestin et transmise au cerveau. Ce neurotransmetteur est aussi connu sous le nom « d’hormone de la sérénité », puisqu’il impacte et régule notre humeur, nos émotions, et notre niveau de stress. Cet exemple de la sérotonine nous montre que les différentes substances produites par l'intestin peuvent guider nos réactions émotionnelles.
Il est aussi intéressant de constater que les échanges intestin-cerveau, en cas de stress, vont dans les deux sens : les intestins envoient des signaux qui induisent du stress, le cerveau intègre l’information et pilote la réaction physiologique : il renvoie le message à l’intestin, provoquant un ralentissement du transit, qui peut entraîner un inconfort intestinal et un déséquilibre de la flore. Inversement, de plus en plus de données suggèrent que certaines maladies qui affectent le cerveau, notamment des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson, auraient une origine intestinale : elles commenceraient par atteindre le système nerveux entérique, puis seraient transmises au système nerveux central. L’étude de cet axe intestin-cerveau est un champ de recherche en plein essor : l’objectif de nombreuses équipes est de mieux comprendre son fonctionnement, en particulier les mécanismes qui le conduisent à influencer notre état de santé et la survenue de maladies. Les scientifiques espèrent ainsi découvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.
Alors, toutes nos émotions, nos pensées, nos sensations, nos raisonnements, seraient le résultat de l’échange entre nos neurones. Quand la communication s’établit avec fluidité entre ces deux centres, la sécrétion de neurotransmetteurs est libérée, comme par exemple la sérotonine (régulateur du cycle circadien et acteur contre la douleur), la dopamine (médiateur du plaisir et de la récompense) et l’endorphine (anti-stress naturel pour lutter contre les états dépressifs). Une bonne santé physique et mentale, est en fait le résultat d’un équilibre harmonieux entre les deux zones…
Le Hara
En japonais, le Hara signifie ventre et l’âme se logerait dans cette zone.
Lors d’une séance de réflexologie ventrale, le Hara est au centre de mon attention.
Lorsque vous entendez dire qu’une personne est “centrée”, cela signifie généralement que son état physique et mental est équilibré. Dans les philosophies orientales, cette « centralité » est au cœur des pratiques de bien-être. Dans le Qigong chinois, elle est connue sous le nom de Dantian, et dans la culture japonaise, elle est appelée Hara.
Selon les Japonais, notre Hara est situé sous notre nombril, à mi-chemin entre nos pieds et notre tête. De plus, nos principaux muscles traversent ce Hara de l’avant à l’arrière de notre corps. Physiquement, il est considéré comme le centre de gravité qui nous relie au sol et à notre source d’énergie interne. Il représente donc l’endroit naturel sur lequel nous devons nous concentrer pour maintenir ou rétablir notre équilibre.
Si vous avez déjà pratiqué le yoga, la méditation, ou si vous avez eu recours à l’acupuncture, l’ostéopathie ou le shiatsu, alors vous avez déjà été en contact avec votre Hara. Aujourd’hui, les approches orientales et occidentales de l’esprit et du corps se concentrent sur le Hara par le biais d’une respiration abdominale profonde. Elle peut nous aider à nous sentir ancrés et centrés, plus énergiques et capables de rester calmes dans les moments les plus stressants.
Sentir son Hara
Si vous n’avez jamais essayé la respiration abdominale auparavant, il suffit de prendre le temps de vous concentrer sur votre Hara tout en respirant via le bas de votre abdomen. La méthode est simple :
Trouvez un endroit pour vous asseoir confortablement et concentrez votre esprit sur la zone située environ trois doigts sous votre nombril.
Lorsque vous inspirez avec le bas de votre abdomen, laissez votre diaphragme se dilater. Sentez votre respiration remplir les profondeurs de votre ventre. Il peut être utile de placer vos mains sur votre nombril lorsque vous respirez.
Expirez en aspirant votre ventre et en sentant l’énergie pénétrer dans votre corps. Vous pouvez en ressentir les effets dès la première minute, mais n’hésitez pas à renouveler cette méthode de respiration plusieurs fois et lorsque vous en ressentez le besoin.
N’oubliez pas :
Ne vous inquiétez pas si votre esprit vagabonde – c’est tout à fait normal. Ramenez doucement votre esprit à votre Hara.
Sentir votre Hara après votre réveil ou juste avant de vous endormir peut être l’introduction ou la conclusion idéale de votre journée
Vous pouvez aussi pratiquer cette technique de respiration profonde pendant quelques minutes, n’importe où et n’importe quand (des transports en commun au jardin public). C’est l’antidote parfait à une réunion ou un trajet stressant. De plus, savoir que vous pouvez entrer en contact avec votre Hara en seulement 3 ou 4 respirations, dès que vous en ressentez le besoin, est incroyablement réconfortant.
Le Chi Nei Tsang
Les sages taoïstes de la Chine ont remarqué que la tendance à l’obstruction des organes internes, qui se manifeste par la formation de nœuds et d’enchevêtrements dans l’abdomen est très répandue. Ces obstructions se produisent au centre des fonctions vitales du corps et empêchent la circulation de l’énergie chi, l’énergie vitale. Les émotions négatives, comme la peur, la colère, l’anxiété, la dépression ou l’inquiétude créent le plus de dégâts. Une surcharge de travail, le stress, les accidents, les opérations chirurgicales, les drogues,les toxines, une nourriture pauvre et une mauvaise posture suscitent également des problèmes.
Lorsqu’ils sont obstrués, les organes internes emmagasinent des énergies nuisibles qui peuvent déborder sur d’autres systèmes corporels et se manifester sous forme d’émotions négatives et de maladies. Si celles-ci ne peuvent pas trouver de sortie, elles couvent dans les organes ou se déplacent vers l’abdomen qui joue un rôle de dépotoir du corps.
L’énergie vitale se déplace à travers le système nerveux, les vaisseaux sanguins et les ganglions lymphatiques qui sont concentrés dans l’abdomen, ce dernier jouant le rôle de centre de contrôle. Ici s’accumulent les tensions, les inquiétudes et les stress et cela aboutit à une obstruction progressive de la circulation d’énergie.
Les taoïstes ont compris que les émotions négatives peuvent ainsi nuire gravement à la santé en altérant les fonctions physiques et spirituelles. Cependant, une fois que les principales toxines et les énergies négatives ont été éliminées du corps, beaucoup de maux peuvent disparaitre.

Le Chi Nei Tsang élimine les toxines, les émotions désagréables et la température excessive ou trop basse du corps qui induisent un mauvais fonctionnement des organes. Il constitue l’approche la plus claire de la stimulation, de la consolidation et de la détoxication des systèmes internes puisqu’il s’agit d’un massage direct des organes internes à travers l’abdomen. Il élimine les influences négatives, il est particulièrement utile pour alléger les blocages intestinaux, les crampes, les nœuds, les tissus cicatriciels, les maux de tête, les douleurs menstruelles, la mauvaise circulation sanguine, les douleurs du dos, la stérilité, l’impuissance et bien d’autres troubles.
Alimentation
Pour être en bonne santé physique et psychique, nous avons besoin d’un terrain intestinal peu inflammatoire et donc d’une alimentation équilibrée et variée.
Notre pire ennemi est le sucre : il enflamme la muqueuse intestinale, altère la paroi intestinale augmentant le passage des toxines de l’intestin vers le sang, il altère les muqueuses digestives, favorise la prolifération de levures qui détruisent les bonnes bactéries. Le sucre épuise aussi nos réserves en magnésium et vitamines B qui sont indispensables car source de vitalité et de régulation de l’humeur.
Nos meilleurs amis sont les aliments riches en fibres, vitamines, oligo-éléments et acides gras Privilégiez donc les céréales complètes, les œufs, les viandes blanches, le poisson, les légumineuses, les fruits et légumes de saison et bio, les aliments fermentés. Les fibres jouent un rôle important car elles contribuent à prévenir de nombreuses pathologies (cancer du côlon, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires…). Dans les intestins, elles nourrissent les bonnes bactéries et participent à la santé du microbiote. Peu caloriques, elles permettent de réguler le transit, en augmentant le volume des selles en cas de constipation et en captant l’eau du tube digestif en cas de diarrhée. Enfin, elles diminuent l’absorption des toxines et mauvaises graisses et ralentissent l’assimilation des glucides. Elles nous aident à nous sentir rassasié et à mieux contrôler notre appétit.
Ce qui est bon pour l’intestin est aussi bon pour le cerveau : selon certaines études scientifiques, la consommation de fibres permettrait de réduire les effets du stress et de l’anxiété.
D’autre part, boire de l’eau ou de la tisane permettra de drainer les déchets produits par l’organisme et facilitera les processus d’élimination en soutenant le travail de votre corps.
Boire de l’eau est un acte simple mais essentiel pour prendre soin de vous.
En résumé
Notre ventre agit sur notre mental, notre psychisme et réciproquement. Tout simplement, des maux de ventre peuvent engendrer irritabilité et mauvaise humeur. A contrario, si l’on est tendu, d’un tempérament anxieux, craintif, hyperactif, on rencontre souvent des problèmes temporaires ou chroniques, dans cette zone
Ainsi, il est intéressant de constater que nos maux ne prennent pas nécessairement leur source dans le cortex. Cette vision bivalente permet de réhabiliter la place du « corps », souvent dépossédée de son intelligence sensorielle, victime d’une hiérarchie mental / corps pouvant être source d’incongruités.
Comme le cerveau qui est un lieu complexe de gestion d’informations aussi diverses que variées, la zone du ventre est un lieu de digestion et d’assimilation. Le ventre est une zone de transition entre le haut et le bas du corps, mais aussi une zone de rencontre : nous devons toujours avoir à l’esprit que quelque chose se joue dans ce territoire !
Symboliquement, c’est le lieu où nous digérons, assimilons le monde externe, avec nos aliments, mais aussi avec nos perceptions sensorielles.
De nombreuses expressions autour du ventre jalonnent la langue française : avoir la peur au ventre, avoir une boule au ventre, savoir ce que quelqu’un a dans le ventre, ventre affamé n’a pas d’oreille, avoir quelque chose dans le ventre. Les Anglais aussi en font un signe fort « gut feeling » se traduisant par l’intuition : gut signifiant intestins, boyaux ; feeling signifiant sensation, sentiment.
Alors, faites la paix avec votre ventre et prenez soin de vous en prenant soin de lui !
Bibliographie
Massage chi des organes internes, chi nei tsang, Mantak chia
Écoutez votre “Hara” et trouvez votre équilibre intérieur







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