Gros plan sur Covid long
- ceciledurindel
- 28 juil. 2025
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 août 2025

Définition
La Haute Autorité de Santé ( H.A.S ) utilise le terme de « symptômes prolongés suite au Covid-19 » : il s’agit de symptômes qui se manifestent au-delà de 4 semaines après la date présumée de contamination et qui ne peuvent pas être expliqués par une autre maladie. Le plus souvent, le patient souffre de plusieurs symptômes associés, ils peuvent être différents d’un patient à l’autre et d’intensité inégale.
Épidémiologie et facteurs de risques
En 2022, la prévalence de l'affection post-COVID-19 (définition OMS) était estimée à 4 % en population générale adulte (correspondant à 2,06 millions de personnes). 1,2 % des personnes interrogées déclaraient un impact fort ou très fort sur leurs activités quotidiennes.
Les facteurs de risques de symptômes prolongés du Covid 19 sont les suivants :
le fait d’être une femme,
le nombre, l’intensité et la gravité des symptômes lors de la phase aiguë de l’infection,
la présence de comorbidité, les maladies pulmonaires chroniques, le tabagisme, l’excès de poids,
l’âge (60 ans et +),
un bas niveau socio-économique.
Symptômes
Les symptômes prolongés du Covid-19 retrouvés le plus fréquemment dans les études concernant des patients ambulatoires ou à base populationnelle sont : la fatigue (5-37 %), des difficultés respiratoires (6-21 %), une anosmie-agueusie (5-25 %), des troubles de la concentration (5-26 %), des troubles amnésiques (6-24 %), des céphalées (3,5-10 %), des douleurs articulaires (9-11 %), des douleurs musculaires (3-8 %), des troubles du sommeil (6-9 %), une oppression thoracique (2,5-6 %). Des troubles psychiatriques sont régulièrement décrits : syndrome de stress post-traumatique (17-31 %) chez un grand nombre de patients hospitalisés ; anxiété (7 %), dépression (4 %). Les symptômes prolongés peuvent être associés à une diminution de la tolérance à l’effort, démasqués ou exacerbés par l’effort. Ils sont souvent multiples et leur évolution est souvent fluctuante dans le temps avec des phases d’aggravation et de récupération. Ces symptômes peuvent persister depuis la maladie initiale ou apparaître par la suite. Ils ont généralement un impact très important sur la qualité de vie des personnes touchées.
Diagnostics
Le diagnostic du Covid long est un processus complexe qui nécessite une évaluation approfondie des symptômes et des examens médicaux. En février 2021, la HAS a mis à la disposition des professionnels de santé une réponse rapide ainsi que des fiches. Cette réponse rapide apporte les éléments pour réaliser :
Une évaluation initiale avec l’histoire clinique du patient, examen médical physique, tests en laboratoire pour évaluer les marqueurs biologiques du Covid long (anticorps et marqueurs de l’inflammation), imagerie médicale
La liste des diagnostics différentiels pour exclure d’autres maladies qui peuvent présenter des symptômes similaires (fibromyalgie, maladie de Lyme…)
Les modalités de prise en charge et d’orientation des patients.
Les fiches présentent la prise en charge spécifique des principaux symptômes (fatigue, dyspnée, douleurs thoraciques, troubles du goût et de l’odorat, douleurs, symptômes digestifs, lésions cutanées, troubles oculaires…). Par ailleurs, une fiche dédiée à la prise en charge pédiatrique a été ajoutée à celles existantes.
Prévention
La H.A.S préconise de vacciner contre le Covid-19 les personnes les plus à risque de forme grave de la maladie, en particulier :
Les personnes âgées de 65 ans et plus ;
Les nourrissons à partir de 6 mois, enfants, adolescents et adultes atteints de comorbidités ayant un risque plus élevé de forme grave de la maladie ;
Les personnes immunodéprimées ;
Les personnes atteintes de toute autre comorbidité, en prenant en compte la situation médicale individuelle, dans le cadre d’une décision médicale partagée avec l’équipe soignante ;
Les personnes vivant dans l’entourage ou en contacts réguliers avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables, y compris les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social.
D’autres mesures ont également été mises en place lors des périodes accrues de l’épidémie comme la mise en quarantaine en cas de contamination, le respect des gestes barrières, le port du masque, le lavage des mains.
Aussi, une bonne hygiène de vie permet au corps d’être mieux préparé pour se défendre en cas de contamination, il est donc important de privilégier une alimentation équilibrée, un sommeil suffisant et d’éviter les situations engendrant du stress.
Médecine conventionnelle
Afin d’adapter les prises en charge aux différents besoins des patients dans chaque territoire, un réseau est proposé par les agences régionales de santé (ARS). Structuré en trois niveaux, il permet d’identifier clairement les professionnels à consulter en fonction de l’état des patients :
1er niveau : les médecins généralistes pour les soins de premier recours
2e niveau : les médecins spécialistes en ville ou à hôpital pour les soins et la prise en charge des troubles dits fonctionnels (respiratoires, cardiologiques, neurologiques, ORL)
3e niveau : les services de soins de suite et de réadaptation (SSR) pour la prise en charge des patients les plus complexes.
La médecine conventionnelle adapte les traitements médicamenteux en fonction des différents symptômes. Un grand nombre de patients atteints de Covid long consomment au minimum des antalgiques à plus ou moins haute dose, des anti-dépresseurs ou des anxiolytiques afin de réduire l’anxiété liée à l’impact de cette maladie sur leur vie.
Médecines naturelles
Compte tenu de la multiplicité des symptômes de cette maladie et de la difficulté à les soulager, diverses médecines naturelles peuvent être mises en pratique, notamment afin de réduire la douleur et l’anxiété. Voici quelques exemples :
L’acupuncture : d’origine chinoise, cette méthode consiste à appliquer de fines aiguilles sur certaines zones du corps. Ce système vise à soulager des douleurs en stimulant des points précis.
La psychologie : la psychologie correspond à l’étude des comportements et des processus mentaux d’un patient afin de le mener sur le chemin de la guérison. Elle connaît des applications multiples en fonction des cas.
L’ostéopathie : l’ostéopathie est une technique qui se base sur une série de manipulations manuelles. Le praticien est ainsi en mesure de soulager efficacement les douleurs du patient.
La sophrologie : proche de la relaxation, la sophrologie comprend un ensemble d’actes destinés à guérir les sensations douloureuses de même que les malaises psychiques.
La réflexologie
La réflexologie n’intervient évidemment pas dans l’éradication du virus lui-même. On s’aperçoit avec le temps que les séquelles sont souvent lourdes et durables. En tant que « soins de suite », les réflexothérapies (plantaire, palmaire, faciale) répondent à un besoin de retrouver un équilibre physiologique et psychologique.
Sans se substituer à l’accompagnement médical, la réflexologie permet de proposer un soutien à 4 niveaux, après avoir repéré les principaux signes et déséquilibres durables reconnus être liés à cette maladie suite au bilan et à l’observation des pieds :
un temps d’écoute et de reconnaissance de ce que vit le patient
un protocole détente pour diminuer les angoisses et le stress provoqués par les symptômes
un protocole adapté prenant en compte les zones et les organes les plus touchés chez le patient
un protocole renforçant particulièrement le système immunitaire
Les symptômes du Covid long n’étant pas figés, ce protocole sera adapté au client en fonction de ses symptômes et des systèmes touchés.
En fonction des symptômes, on pourra choisir entre réflexologie plantaire, palmaire, ventrale ou crânienne ou combiner différentes techniques.
Actualités
Sur le site santelog, on peut trouver une article intéressant concernant « un combo innovant contre le Covid long ».
« C’est une approche innovante et multimodale pour lutter contre le syndrome post-COVID qui nous est proposée par une équipe de l'hôpital Carl Gustav Carus (Dresde, Allemagne), à l’issue d’une large revue de la littérature, et qui consiste à combiner pharmacothérapie et traitements physiologiques pour venir à bout des symptômes du syndrome post-COVID mais probablement aussi d’autres infections virales persistantes », relate l’article.
Il s’agirait d’une combinaison de médicaments et de thérapies physiques :
Sur le plan pharmacologique, les chercheurs mettent en avant le potentiel de la metformine, un médicament courant contre le diabète, et la naltrexone à faible dose, traditionnellement utilisée pour traiter la dépendance aux substances. Ces deux médicaments, au vu des données de la littérature, apparaissent prometteurs pour réduire l'inflammation et moduler le système immunitaire ;
Sur le plan physique, les chercheurs retiennent l'aphérèse extracorporelle - une technique de filtrage du sang - et la neurothérapie transcutanée, qui stimule le nerf vague. Ces approches visent à réduire l'inflammation, à améliorer la circulation sanguine et à soulager les symptômes cognitifs.
« Ce qui est particulièrement intéressant dans cette approche, c’est son potentiel à traiter la vaste gamme de symptômes observés dans le syndrome post-infectieux aigu, de la fatigue et du brouillard cérébral aux problèmes cardiovasculaires, cette stratégie de traitement peut lutter simultanément contre plusieurs symptômes », précise l’auteur principal de la recherche, le Dr Charlotte Steenblock, de l'Hôpital Carl Gustav Carus.
Les chercheurs appellent avant tout à des essais cliniques à grande échelle pour valider l’efficacité de l’approche multimodale.







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